La marine française a arraisonné hier matin le Tagor, un pétrolier soupçonné d'appartenir à la "flotte fantôme" russe, en eaux internationales à plus de 400 milles nautiques, soit 740 kilomètres, à l'ouest de la Bretagne. Le navire faisait route depuis Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, et l'opération a été menée avec le soutien du Royaume-Uni et de plusieurs autres partenaires.
Emmanuel Macron a annoncé la saisie et diffusé une vidéo montrant des commandos descendre d'un hélicoptère sur le pont du tanker. "Cette opération s'est déroulée dans l'océan Atlantique, en haute mer, avec le soutien de plusieurs partenaires, dont le Royaume-Uni, dans le strict respect du droit de la mer", a écrit le président sur X. Il a jugé inacceptable que des navires contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que la Russie mène contre l'Ukraine depuis plus de quatre ans.
Le Tagor arborait un faux pavillon camerounais et se dirigeait vers Limbe, une ville côtière de l'ouest du Cameroun, selon la préfecture maritime de l'Atlantique. Après la montée à bord de l'équipe d'inspection, l'examen des documents a confirmé l'irrégularité du pavillon, et le navire a été dérouté à la demande du procureur. Le tanker, placé sous sanctions de l'Union européenne et des États-Unis, était "connu et suivi", et "quasiment vide" au moment de l'arraisonnement.
Moscou a vivement réagi. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié ces actes d'"illégaux", proches de "la piraterie internationale", assurant que la Russie prenait des mesures pour garantir la sécurité de sa cargaison. L'ambassade russe à Paris a réclamé des informations sur d'éventuels ressortissants russes à bord, le capitaine étant, selon elle, un citoyen russe.
Depuis septembre, la France a arraisonné trois autres navires soupçonnés d'appartenir à cette flotte, dont le Boracay, le Grinch et le Deyna, autorisés à repartir après le paiement d'amendes. Près de 600 bâtiments suspectés d'en faire partie sont visés par les sanctions européennes. The Guardian
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Europe
🇦🇹 Autriche • Un ancien général et un ex-policier syriens ont commencé à être jugés aujourd'hui à Vienne, lors d'un rare procès en Europe pour des faits de torture commis sur des opposants au régime de Bachar al-Assad, à Raqqa, entre 2011 et 2013. Khaled al-Halabi, 63 ans, ancien responsable des services de renseignement, et Musab Abu Rukbah plaident non coupables et encourent jusqu'à 10 ans de prison.
🇦🇲 Arménie • À l'approche de législatives décisives pour son rapprochement avec l'Union européenne, l'Arménie et Bruxelles dénoncent les tentatives de "coercition" de la Russie. Erevan a rompu en 2024 ses relations de sécurité avec Moscou et adopté une loi affichant son intention de rejoindre un jour l'UE, ce qui lui vaut des menaces évoquant un possible "scénario ukrainien" et d'éventuelles restrictions.
🇭🇺 Hongrie • Le nouveau Premier ministre Peter Magyar a menacé aujourd'hui le président Tamas Sulyok d'une procédure de destitution s'il refusait de démissionner. Le parti Tisza de Peter Magyar, 45 ans, a remporté le mois dernier une victoire écrasante, mettant fin à 16 années de pouvoir du Fidesz de Viktor Orban. Le chef du gouvernement accuse le président de servir les intérêts de son prédécesseur et veut réformer la Constitution pour écarter les figures de l'ancien régime.
🇲🇹 Malte • Le Parti travailliste du Premier ministre Robert Abela est arrivé en tête des élections législatives anticipées d'hier, décrochant un quatrième mandat historique avec 52% des voix, contre 45% au Parti nationaliste. Âgé de 48 ans, Robert Abela avait convoqué ce scrutin avec un an d'avance, estimant que son gouvernement avait besoin d'un nouveau mandat pour protéger l'île face à la crise au Moyen-Orient. Son rival a reconnu sa défaite.
🇪🇸 Espagne • Le tribunal de Badajoz qui juge David Sánchez, frère du Premier ministre Pedro Sánchez, pour trafic d'influence, a abandonné aujourd'hui l'une des accusations en raison de la prescription des faits. Le délit, lié à une nomination jugée illégale en 2017, était passible d'une peine légère. Compositeur et chef d'orchestre, David Sánchez est accusé d'avoir obtenu un poste taillé sur mesure dans la province de Badajoz.
🇫🇮 Finlande • Le site d'Onkalo, creusé à 433 mètres sous terre à Eurajoki, est sur le point de devenir le premier centre de stockage définitif au monde pour le combustible nucléaire usé. L'Autorité de sûreté STUK doit rendre son feu vert en juin, avant une mise en service espérée fin 2026 ou début 2027. D'une capacité de 6.500 tonnes d'uranium, le site doit être scellé pour au moins 100.000 ans. Des dépôts similaires sont en construction en Suède et en France.
Amériques
🇳🇮 Nicaragua • Le chef indigène Brooklyn Rivera, 73 ans, emprisonné depuis trois ans par le gouvernement de Daniel Ortega, est mort en détention, a annoncé hier le ministère de la Santé. Chef des Miskitos et ancien député, il avait été arrêté en septembre 2023 après avoir dénoncé le sort des populations indigènes lors d'une conférence internationale. Amnesty International le considérait comme un "prisonnier d'opinion" et les Nations unies le comptaient parmi les victimes de "disparition forcée" dans le pays.
🇨🇴 Colombie • L'avocat millionnaire Abelardo de la Espriella, admirateur de Donald Trump et candidat de la droite dure, est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle hier avec 43,74% des voix, devant le sénateur de gauche Ivan Cepeda, 40,90%, héritier politique du président sortant Gustavo Petro. Le second tour aura lieu le 21 juin. La campagne a été marquée par la pire flambée de violence des groupes armés depuis 10 ans.
🇵🇪 Pérou • À une semaine du second tour prévu le 7 juin, la candidate de droite Keiko Fujimori est légèrement en tête des intentions de vote avec 38% des estimations, devant son adversaire de gauche Roberto Sánchez, crédité de 35%, selon un sondage Ipsos. Fille de l'ancien président Alberto Fujimori, elle était arrivée en tête du premier tour le 12 avril. Le scrutin se déroule dans un climat de forte instabilité politique, le pays ayant connu huit présidents depuis 2016, et de grave crise sécuritaire.
Afrique
🇪🇹 Éthiopie • Les Éthiopiens ont commencé à voter aujourd'hui pour des élections législatives et régionales dont le grand favori est le Parti de la prospérité du Premier ministre sortant Abiy Ahmed, au pouvoir depuis 2018. Sans véritable suspense, le scrutin oppose une opposition fragmentée en plus de 40 partis à une formation qui détient 96% des sièges sortants. Aucun bureau n'a ouvert dans la région du Tigré, en raison de tensions persistantes, et des conflits armés secouent toujours l'Oromia et l'Amhara. De plus en plus critiqué pour son autoritarisme, Abiy Ahmed devrait consolider son pouvoir. Les résultats sont attendus vers le 11 juin.
🇺🇬 Ouganda - 🇨🇩 RDC • Le nombre de cas confirmés d'Ebola a atteint 282 en République démocratique du Congo, avec 42 décès, tandis que 263 cas étaient confirmés au 30 mai en RDC et en Ouganda, selon les CDC africains, qui recensent plus de 1 100 cas suspects. L'Organisation mondiale de la santé a fait état de cinq guérisons, dont quatre infirmières sorties de l'hôpital de Bunia. Des cas suspects liés à des voyages dans la région ont été examinés au Brésil et en Italie, où le patient testé à Cagliari s'est finalement révélé négatif.
Asie-Pacifique
🇨🇳 Chine • Un rapport de l'OCDE publié aujourd'hui met en évidence le soutien public massif de Pékin à certains secteurs industriels clés, avec des subventions pouvant atteindre jusqu'à huit fois le niveau observé ailleurs. Selon l'organisation, ces aides redessinent les marchés mondiaux et permettent aux entreprises chinoises de se tailler des parts de marché considérables dans des pans entiers de l'économie.
🇲🇲 Birmanie - 🇮🇳 Inde • L'ex-chef de la junte birmane Min Aung Hlaing s'est entretenu aujourd'hui avec le Premier ministre indien Narendra Modi à New Delhi, point d'orgue de sa première visite à l'étranger en tant que président de la Birmanie. Narendra Modi a salué un "voisin de confiance" et réaffirmé le soutien de l'Inde au processus de paix. Arrivé au pouvoir après le coup d'État de 2021, Min Aung Hlaing a pris la présidence en avril, à la suite d'élections dénoncées comme une manœuvre pour prolonger le régime militaire.
🇹🇼 Taïwan • La cheffe de l'opposition taïwanaise, Cheng Li-wun, présidente du Kuomintang, s'est envolée aujourd'hui pour un voyage de deux semaines aux États-Unis, espérant "gagner davantage la confiance" de Washington après s'être rendue en Chine en avril, où elle avait rencontré Xi Jinping. Son parti, opposé à l'indépendance de l'île, défend des liens plus étroits avec Pékin.
Moyen-Orient
🇺🇸 États-Unis - 🇮🇷 Iran - 🇮🇱 Israël - 🇱🇧 Liban • L'armée israélienne s'est emparée hier du château de Beaufort, une forteresse médiévale du sud du Liban (classée au patrimoine mondial de l'UNESCO), et Benjamin Netanyahou a ordonné lundi des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, en intensifiant l'offensive terrestre la plus profonde depuis 26 ans. À la demande de la France, qui juge que rien ne justifie cette escalade, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence. Depuis le 2 mars, plus de 3 412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, contre 26 morts côté israélien. En parallèle, l'Iran a suspendu son dialogue indirect avec Washington, dénonçant l'offensive au Liban et les violations du cessez-le-feu, alors que l'armée américaine menait de nouvelles frappes sur le sud iranien. Téhéran fait d'une trêve au Liban une condition à tout accord et veut repousser le volet nucléaire, quand Donald Trump réclame la garantie que l'Iran n'aura jamais l'arme atomique.




