LA UNE

🇮🇱 Israël - 🇵🇸 Palestine • L’armée israélienne prépare l’assaut sur Gaza City

L’armée israélienne a annoncé mercredi avoir commencé les préparatifs pour une opération majeure visant à prendre le contrôle de Gaza City. Des troupes sont déjà déployées aux abords de la ville, tandis que des camps sont installés dans le sud de la bande de Gaza pour accueillir les habitants déplacés. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a par ailleurs ordonné la mobilisation de 60 000 réservistes supplémentaires pour soutenir l’offensive.

Cette décision intervient alors que Benjamin Netanyahou étudie une nouvelle proposition de cessez-le-feu de 60 jours, validée par le Hamas et portée par des médiateurs égyptiens et qataris. L’accord prévoit la libération progressive d’otages israéliens en échange de prisonniers palestiniens. Mais il divise profondément la classe politique israélienne : les alliés ultranationalistes du Premier ministre l’accusent de sacrifier la victoire militaire contre le Hamas au profit du retour des captifs.

Depuis près de deux ans, la guerre a dévasté la bande de Gaza, provoquant famine et destructions massives. L’armée évoque une opération « graduelle, précise et ciblée », consistant d’abord à encercler la ville pour canaliser les civils vers le sud, puis à pénétrer par la force dans des quartiers encore inexplorés par les troupes israéliennes.

Cette perspective inquiète fortement les familles d’otages, qui redoutent que l’assaut pousse le Hamas à exécuter les derniers captifs. Elles exhortent le gouvernement à accepter l’offre de trêve, dénonçant une « torpille » contre toute chance d’accord. Selon les autorités, une vingtaine d’otages seraient encore en vie et une trentaine de corps seraient détenus à Gaza.

À Gaza, les habitants décrivent une intensification des frappes et l’utilisation par Tsahal de véhicules télécommandés chargés d’explosifs pour raser des immeubles, notamment dans le quartier de Zeitoun. Beaucoup refusent cependant de fuir vers le sud, déjà saturé et privé de ressources essentielles. L’opération militaire, si elle est lancée, risque donc de provoquer une nouvelle vague de déplacements massifs, alors même que l’avenir d’un cessez-le-feu reste suspendu à la décision de Netanyahou.

Sur X, suite à un entretien avec le roi de Jordanie et le président Égyptien, Emmanuel Macron a déclaré que « l’offensive militaire sur Gaza que prépare Israël ne [pouvait] conduire qu’à un véritable désastre pour les deux peuples et [entraînerait] la région dans une guerre permanente ».

On a appris par ailleurs dans l’après midi que les autorités israéliennes avaient validé la colonisation d’une zone située à l’est de Jérusalem, pour couper la Cisjordanie en deux.

EN BREF

Par ailleurs…

🇸🇾 Syrie - 🇮🇱 Israël • Première rencontre officielle sous médiation américaine. Des responsables syriens et israéliens se sont réunis à Paris pour des discussions facilitées par Washington, marquant la première reconnaissance publique de contacts directs par le nouveau gouvernement syrien. Les pourparlers ont porté sur la désescalade après les affrontements meurtriers entre forces syriennes et minorité druze à Soueïda, qui ont fait plus de 1 600 morts et conduit Israël à frapper Damas. Le chef spirituel druze israélien, Muwaffaq Tarif, ainsi que le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, participaient à la délégation. Damas, dirigé depuis janvier par Ahmed al-Shara après la chute de Bachar al-Assad, cherche à stabiliser un pays meurtri par 13 ans de guerre civile, tandis qu’Israël entend protéger la communauté druze et contenir l’influence iranienne. Les États-Unis espèrent rapprocher la Syrie des accords d’Abraham, mais Damas se montre ouvert seulement à un accord sécuritaire limité. The New York Times

🇷🇺 Russie - 🇺🇸 États-Unis - 🇺🇦 Ukraine • Moscou rejette des garanties de sécurité sans elle, Washington entretient le flou La Russie a averti que toute discussion sur des garanties de sécurité pour l’Ukraine qui ignorerait ses intérêts ne mènerait « nulle part », a déclaré Sergueï Lavrov, dénonçant une « utopie » des Occidentaux. En parallèle, Donald Trump s’est dit prêt à offrir un soutien militaire aérien à Kiev en cas d’accord de paix, tout en excluant l’envoi de soldats américains au sol, laissant cette mission aux Européens. Mais les contours précis de l’engagement américain restent flous : une commission USA-UE-Ukraine doit en définir les modalités, tandis que l’Otan explore l’idée d’un mécanisme inspiré de son article 5 de défense collective. Les chefs d’Etats-major des pays de l’OTAN se sont réunis aujourd’hui en visioconférence.

🇪🇬 Égypte - 🇵🇸 Palestine • L’Égypte lance une commission intérimaire pour l’après Hamas. Alors qu’aucune trêve n’a encore été conclue à Gaza, l’Égypte travaille déjà à l’avenir du territoire avec la formation d’une commission palestinienne intérimaire soutenue par plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette instance, composée de technocrates et rattachée au gouvernement de Ramallah, devrait préparer une administration post-Hamas. En parallèle, 5 000 Palestiniens venus de Cisjordanie sont formés en Égypte pour assurer le maintien de l’ordre à Gaza, rejoints ensuite par des recrues locales. L’objectif est d’éviter un déplacement forcé de la population vers le Sinaï, tout en ouvrant la voie à la reconstruction du territoire. RFI

🇮🇳 Inde - 🇨🇳 Chine • Vers une discussion sur le tracé de la frontière contestée. Les deux pays ont décidé de créer un groupe d’experts chargé d’examiner un arrangement provisoire pour tracer certaines zones de leur frontière, marquée par des tensions depuis 70 ans. L’annonce a suivi la visite à New Delhi du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, la première en trois ans. Ce rapprochement survient alors que les relations de l’Inde avec les États-Unis se tendent, après les droits de douane imposés par Donald Trump. Pékin et New Delhi ont aussi pris d’autres mesures d’apaisement, comme la reprise des visas touristiques indiens pour les Chinois et un assouplissement des restrictions sur les exportations d’urée. Bloomberg

🇨🇳 Chine • Xi Jinping s’est rendu au Tibet pour marquer les 60 ans de la domination de Pékin sur la région. Le président chinois est arrivé à Lhassa, où il a été accueilli par des foules mises en scène selon l’agence Xinhua. Pékin occupe le territoire depuis 1951 et a créé la région autonome en 1965, au prix d’une répression politique, de destructions de monastères et d’arrestations de moines. Ces dernières années, la migration de Han chinois, l’enseignement forcé en mandarin et la surveillance culturelle se sont accentués. Exilé en Inde, le dalaï-lama, 90 ans, reste interdit de retour.

🇮🇱 Israël - 🇫🇷 France • Nétanyahou accuse Macron d’alimenter l’antisémitisme avec la reconnaissance de la Palestine. Le premier ministre israélien a reproché à Emmanuel Macron de « nourrir l’antisémitisme » en appelant à une reconnaissance internationale de l’État palestinien, citant des agressions récentes contre des juifs en France. L’Élysée a dénoncé des propos « abjects » et promis une réponse officielle, rappelant la fermeté française contre toute violence antisémite. La crise diplomatique s’aggrave depuis que Paris a annoncé fin juillet son intention de reconnaître la Palestine à l’ONU en septembre.

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