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Défendre l'Europe sans les États-Unis : mode d'emploi et défis à surmonter

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Défendre l'Europe sans les États-Unis : mode d'emploi et défis à surmonter

Alors que Washington se désengage, l'Europe découvre avec effroi l'étendue de sa dépendance militaire et tente, dans l'urgence, d'y remédier.

Quentin Souléry
Quentin Souléry

5 April 2026

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Au sommet de l'OTAN de La Haye, en juin 2025, une scène résuma mieux que tout discours l'état de l'Alliance atlantique : les dirigeants européens se retrouvèrent, selon les observateurs présents, à attendre les instructions d'un seul homme. Donald Trump exigea que ses alliés portent leurs dépenses de défense à 5 % de leur PIB d'ici 2035, et les Européens obtempérèrent, dociles, évitant soigneusement d'évoquer l'Ukraine. Le contraste était saisissant : d'un côté, la première puissance militaire de l'histoire, qui représente encore près de 70 % des dépenses totales de l'Alliance ; de l'autre, un continent qui, après trois décennies de dividendes de la paix, redécouvre avec anxiété ce que signifie assurer sa propre sécurité.

Depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, la question n'est plus hypothétique. Le vice-président J.D. Vance a humilié les Européens à Munich, Washington a suspendu son aide à l'Ukraine sans concertation, et des documents révélés par Politico montrent que des plans d'urgence ont été discrètement préparés à Bruxelles pour un scénario de désengagement américain complet. À cela s'est ajoutée, en février 2026, une rupture plus profonde encore : les États-Unis et Israël ont frappé le régime iranien, et Trump a exigé que l'OTAN s'associe à l'offensive pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé par Téhéran. Les Européens ont refusé, la France et l'Espagne allant jusqu'à fermer leur espace aérien aux appareils américains acheminant du matériel militaire vers Israël. La fracture transatlantique est désormais inscrite dans les faits.

Donald Trump a franchi, le 1er avril 2026, un nouveau seuil. Dans un entretien au quotidien britannique The Telegraph, le président américain a déclaré qu'il envisageait "fortement" un retrait des États-Unis de l'Alliance atlantique, qualifiant l'OTAN de "tigre de papier" et affirmant n'avoir "jamais été convaincu" par l'organisation. Son secrétaire d'État Marco Rubio a immédiatement emboîté le pas, déclarant sur Fox News que Washington devrait "réexaminer" sa relation avec l'Alliance, la décrivant comme une voie "à sens unique".

Peut-on défendre l'Europe sans les États-Unis ? La réponse honnête est : pas encore, pas complètement, pas demain. Mais l'Europe possède davantage de ressources qu'elle ne le croit elle-même, et les pièces manquantes sont identifiées. Ce qui manque le plus, c'est la volonté politique de les assembler, et le temps pour le faire.

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PUBLIÉ DEPUIS Paris, Europe 🇪🇺


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