Les pays candidats à l'adhésion n'auront peut-être plus à attendre leur entrée dans l'Union européenne pour profiter de son économie. D'après un projet de la Commission européenne consulté par Politico, ils se verraient proposer une "intégration graduelle" au marché unique, avec des échanges sans friction et un accès aux programmes de recherche, pendant que leur dossier d'adhésion suit son cours. Pilotée par Alexandre Adam, conseiller d'Ursula von der Leyen et ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, cette revue bouleverserait l'approche actuelle, qui réserve presque tous les avantages économiques aux seuls membres, alors qu'aucun nouvel État n'a rejoint l'Union depuis la Croatie en 2013.
Ces avantages seraient toutefois conditionnels. Les pays concernés devraient soutenir les objectifs de politique étrangère de l'Union et s'abstenir de partager des technologies clés avec des États hostiles ou des rivaux commerciaux, le texte citant les semi-conducteurs, les technologies quantiques, les biotechnologies, l'intelligence artificielle et le spatial. Le contrôle des investissements et des exportations ainsi que l'application des sanctions compteraient aussi, et l'accès pourrait être suspendu, voire retiré, en cas de manquement.
Le plan prévoit aussi des "feuilles de route" pour accélérer l'adhésion de l'Ukraine, de la Moldavie, de l'Albanie et du Monténégro. D'autres candidats, comme la Macédoine du Nord, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie ou la Turquie, voient le processus s'étirer, avec la crainte de les voir se désintéresser de l'Union ou se rapprocher de la Russie ou de la Chine. Ursula von der Leyen est arrivée aujourd'hui en Albanie, première étape d'une tournée qui la mènera au Kosovo et en Macédoine du Nord. Le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, soutient l'intégration graduelle, mais prévient qu'elle doit mener à une adhésion pleine et entière, et non s'y substituer.
Les États membres redoutent de voir de nouveaux arrivants revenir sur leurs engagements, comme l'avait fait la Hongrie sous Viktor Orbán en bloquant des sanctions contre la Russie. La Commission propose donc un suivi qui se prolongerait après l'adhésion, pour éviter les reculs sur la démocratie et l'État de droit. Elle envisage aussi d'étendre le vote à la majorité qualifiée, grâce aux clauses passerelles, pour les sanctions, les crises liées aux droits humains ou les missions civiles, sans rouvrir les traités.
Le document doit être présenté le 6 octobre, avant un sommet européen à Bruxelles à partir du 15 octobre. La commissaire à l'Élargissement, Marta Kos, y voit l'occasion d'un "automne de l'élargissement". Politico
Europe
🇬🇧 Royaume-Uni • Le Premier ministre britannique Andy Burnham a ouvert la question du retour du pays au sein de l'Union européenne, une première pour un chef de gouvernement britannique depuis le Brexit. Emmanuel Macron lui a répondu d'un "Welcome back!", le parti Reform UK dénonçant de son côté une "trahison". Ces options doivent être présentées lors d'un sommet bilatéral prévu d'ici la fin de l'année. Au congrès du Parti travailliste à Liverpool, le Premier ministre a plaidé pour un retour de l'État dans les services essentiels, avec une loi permettant de nationaliser les services d'eau, une entité publique pour le réseau électrique et un vaste programme de logements sociaux. Il a aussi promis une réforme du système social et des retraites.
🇪🇺 Union européenne • Réunis à Dublin, les ministres européens de l'Énergie ont été prévenus d'un hiver difficile, avec des prix du gaz et des carburants potentiellement "très élevés" depuis la fermeture du détroit d'Ormuz. Le gazole a atteint 2,23 euros le litre en moyenne, contre 1,59 euro fin février. Le commissaire Dan Jorgensen propose de reporter à 2028 la loi sur les émissions de méthane liées aux importations d'hydrocarbures, un report soutenu par Emmanuel Macron.
🇵🇱 Pologne - 🇷🇺 Russie - 🇺🇦 Ukraine • La Russie a lancé dans la nuit près de 190 drones et missiles contre le réseau énergétique ukrainien, faisant sept morts, dont un enfant, selon Volodymyr Zelensky. Kiev et sa région ont été les principales cibles, la centrale thermique de Trypillia a été endommagée et des coupures d'électricité ont été instaurées dans la capitale. Pour le Premier ministre Serguiï Koretsky, une attaque combinée de cette ampleur ne s'était pas produite depuis la fin de l'hiver dernier, et elle marque le début d'une nouvelle campagne contre le secteur énergétique. Moscou affirme avoir visé des installations alimentant le complexe militaro-industriel. En Pologne, les vols ont été brièvement suspendus dans les aéroports de Lublin et de Rzeszów, le temps que l'aviation militaire sécurise l'espace aérien.
🇷🇺 Russie • Dans un document envoyé à l'Otan et consulté par Reuters, Moscou prévient qu'il pourrait recourir à l'arme nucléaire si l'enclave de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, venait à être isolée du reste du pays. L'Alliance atlantique a répondu en rappelant son caractère défensif et en dénonçant une "rhétorique nucléaire irresponsable". Selon un haut responsable européen de la défense, c'est la première fois depuis la guerre froide que la Russie menace l'Occident de la sorte.
🇷🇴 Roumanie • Le Parlement a rejeté mercredi la candidature du libéral pro-européen Siegfried Muresan au poste de Premier ministre, avec 182 voix, loin des 233 nécessaires. C'est le deuxième candidat du président Nicusor Dan à échouer depuis la chute d'Ilie Bolojan en mai, un troisième ayant renoncé avant le vote. L'extrême droite de l'AUR, en tête des sondages, réclame des élections anticipées, mais le président préfère proposer un nouveau nom ma semaine prochain.
🇱🇻 Lettonie • À quelques jours des législatives du 3 octobre, les russophones de l'est du pays, qui représentent plus d'un tiers de la population, disent pour la plupart ne pas vouloir être "sauvés" par la Russie, malgré les propos de Vladimir Poutine sur leurs droits "bafoués". Certains critiquent toutefois la politique de Riga, notamment envers les "non-citoyens", privés du droit de vote. La Liste unie du Premier ministre Andris Kulbergs domine les sondages.
🇪🇸 Espagne - 🇫🇷 France • En visite d'État en Espagne, Emmanuel Macron a affiché avec Pedro Sanchez un front commun en faveur d'un budget européen "ambitieux", financé par davantage de ressources propres plutôt que par les contributions nationales. Le président français propose aussi d'étaler le remboursement de la dette commune contractée pendant le Covid. Les deux dirigeants se sont montrés plus partagés sur la Chine, tout en réclamant ensemble des transferts de technologie vers l'Europe.
🇨🇳 Chine - 🇪🇺 Union européenne • Pékin a promis de défendre son industrie de manière "inébranlable" si l'Union européenne adoptait des restrictions contre les entreprises ou les produits chinois. Le ministère chinois du Commerce vise un document que l'Allemagne et la France finaliseraient pour demander à la Commission un outil contre les pratiques commerciales déloyales, calqué sur le modèle américain. Selon le Global Times, la Chine pourrait riposter par des enquêtes anti-discrimination ou visant les chaînes d'approvisionnement.
Afrique
🇲🇦 Maroc • Le roi Mohammed VI a nommé mardi Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, une première pour une femme dans le pays. Son parti, le PAM, est arrivé en tête des législatives du 23 septembre avec 97 des 395 sièges, lors d'un scrutin marqué par une participation de 38%. Maire de Marrakech et ancienne ministre de l'Habitat, elle devra former une coalition, les islamistes du PJD ayant exclu de rejoindre la majorité.
🇪🇹 Éthiopie • Les combats qui ont repris depuis le 23 septembre dans le nord du pays entre le gouvernement fédéral et le TPLF, qui dirige le Tigré et s'est allié à six autres groupes armés pour "renverser" le gouvernement d'Abiy Ahmed. Les rebelles se sont emparés des trois aéroports du Tigré puis de la localité d'Erebti, en Afar, et les forces fédérales ont repris Alamata lundi. Selon l'ONG Acled, une avancée vers l'axe reliant Addis Abeba à Djibouti pourrait changer la donne.
🇸🇴 Somalie - 🇹🇷 Turquie • Des avions de combat turcs ont tiré lundi des missiles autour de Baidoa pour soutenir les troupes fédérales somaliennes face aux forces loyales à Abdiaziz Laftagareen, gouverneur déchu de l'État du Sud-Ouest. Partenaire majeur de Mogadiscio, où elle dispose de sa plus vaste base militaire à l'étranger, la Turquie se retrouve entraînée dans les rivalités internes du pays, et des manifestations antiturques ont éclaté après une frappe qui lui est attribuée début septembre.
Moyen-Orient
🇮🇱 Israël - 🇵🇸 Palestine • Ezzeddine al-Beik, le chef de la branche armée du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, a été tué mardi dans une frappe israélienne sur un immeuble d'habitation de la ville de Gaza, qui a fait une autre victime. Une seconde frappe sur le camp de Jabalia a fait un mort.
🇸🇦 Arabie saoudite - 🇦🇪 Émirats arabes unis - 🇮🇱 Israël • Un vol flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv a été dérouté aujourd'hui vers l'aéroport saoudien de Tabouk après une violente altercation dans le cockpit. Selon Benjamin Netanyahou, le copilote a poignardé le commandant de bord pour provoquer un crash, l'appareil ayant brusquement perdu de l'altitude avant que des passagers ne maîtrisent l'assaillant. Le ministre de la Défense, Israel Katz, parle d'une tentative d'attentat jihadiste, une hypothèse que ni la compagnie ni l'Arabie saoudite n'ont confirmée. Les 174 passagers sont sains et saufs.
🇮🇱 Israël - 🇵🇸 Palestine • Plus de 100 colons israéliens ont attaqué hier le village de Jalud, dans le nord de la Cisjordanie occupée, pour empêcher le retour d'une famille palestinienne escortée par l'armée, incendiant des bâtiments et des véhicules et blessant légèrement trois policiers. Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog ont condamné l'attaque, des réactions rares de la part des dirigeants israéliens. Selon l'ONU, les colons ont été impliqués dans six incidents par jour en moyenne au premier semestre 2026.
🇺🇸 États-Unis - 🇮🇶 Irak • Les dernières troupes de la coalition antijihadiste menée par les États-Unis ont quitté aujourd'hui la base d'Erbil, mettant fin à plus de 20 ans de présence militaire américaine en Irak, où 4 500 Américains ont perdu la vie. La France a elle aussi rapatrié ses derniers soldats. Célébré comme une victoire par l'Iran et les milices qu'il soutient, ce départ inquiète les Kurdes, qui disent n'avoir "aucun moyen de protéger le ciel du Kurdistan", ainsi que plusieurs responsables de la sécurité, qui redoutent une résurgence de l'État islamique. Le désarmement des groupes pro-iraniens, initialement fixé au 30 septembre, a été repoussé.
Amériques
🇭🇹 Haïti • Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé mardi de six mois, jusqu'au 31 mars 2027, le mandat de la Force de répression des gangs, avec les abstentions de la Chine, de la Russie et du Pakistan. Seuls 1 500 militaires sont pour l'instant déployés, 4 000 autres devant arriver dans les prochains mois, a reconnu l'ambassadeur américain Mike Waltz. La veille, des membres de la force avaient tué trois hommes armés lors d'une patrouille dans l'Artibonite.
🇺🇸 États-Unis • Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, devait annoncer mercredi, lors d'un discours à Quantico, en Virginie, une réduction de 20% des postes de généraux et d'amiraux, selon deux responsables américains cités par Reuters. Plutôt que des licenciements, certains postes verraient leur grade modifié et d'autres seraient supprimés, dans la continuité de la réorganisation du Pentagone menée depuis son arrivée.
Asie-Pacifique
🇰🇵 Corée du Nord - 🇰🇷 Corée du Sud • Séoul a exigé des excuses de Pyongyang après l'explosion de mines qui a blessé trois soldats sud-coréens le 21 septembre dans la zone démilitarisée, l'un d'eux ayant perdu un pied. Le Commandement des Nations unies a identifié une mine antipersonnel nord-coréenne du côté sud de la ligne de démarcation et dénoncé une violation de l'armistice. Kim Yo Jong, la sœur de Kim Jong Un, a rejeté toute responsabilité, qualifiant l'accusation de "méprisable et sordide".
🇲🇲 Birmanie - 🇲🇾 Malaisie • La Malaisie a commencé mardi à renvoyer vers la Birmanie 1 476 ressortissants birmans détenus dans des centres de rétention, première phase d'un programme de rapatriement "volontaire" qui doit concerner 5 000 personnes. Le Haut Commissariat aux Réfugiés a exprimé leur inquiétude, estimant que la guerre civile ne permet pas des retours sûrs. Les Rohingyas représentent les deux tiers des 190 000 réfugiés et demandeurs d'asile birmans en Malaisie.


