🇻🇪 Venezuela • Le pari pétrolier de Trump, plus compliqué que prévu
Quelques heures après l’enlèvement illégal du président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier, Donald Trump a exposé clairement son objectif : relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne avec l’aide des grandes compagnies américaines. Investissements massifs, remise en état des infrastructures, retour des profits. Pour le président américain, le pétrole est à la fois une revanche politique et un levier économique.
La revanche est ancienne. Depuis les nationalisations décidées par Hugo Chávez il y a près de 20 ans, les entreprises occidentales réclament environ 60 milliards de dollars d’indemnisations. Washington exige désormais la restitution des actifs saisis. Mais l’ambition dépasse la réparation. Le Venezuela dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde, environ 300 milliards de barils, soit un cinquième du total mondial. Sur le papier, le potentiel est colossal.
La réalité est plus rude. La production a chuté des deux tiers depuis la fin des années 2000, autour d’un million de barils par jour. Les sanctions américaines, le sous-investissement chronique et la désorganisation de PDVSA (la compagnie nationale) ont durablement affaibli le secteur. En décembre, les États-Unis ont encore durci la pression en bloquant les exportations transportées par des pétroliers sous sanctions. Les expéditions se sont effondrées. Le pays manque aussi de naphta, indispensable pour diluer son pétrole très lourd, désormais indisponible depuis la Russie.
Dans ces conditions, la production pourrait encore baisser, jusqu’à moins de 700 000 barils par jour. Un rebond rapide supposerait une transition politique sans heurts et une levée des sanctions, deux hypothèses incertaines. Selon des estimations, des travaux de maintenance permettraient au mieux d’atteindre 1,2 million de barils par jour fin 2026, encore loin du potentiel maximal.
Le principal obstacle reste financier. Ramener la production à son niveau d’il y a quinze ans exigerait environ 110 milliards de dollars d’investissements dans l’exploration et la production. Une somme supérieure à l’ensemble des dépenses mondiales des majors américaines en 2024. Chevron, déjà présente sur place sous dérogation, pourrait accroître ses activités. Les autres groupes restent prudents. Les précédents contentieux, l’instabilité politique et l’horizon limité du mandat présidentiel freinent l’enthousiasme. Les banques et les assureurs, indispensables au financement et au transport, se montrent tout aussi réservés.
Le secteur souffre aussi d’une pénurie de compétences. Des dizaines de milliers d’ingénieurs et de techniciens ont quitté le pays. PDVSA, largement contrôlée par les forces armées, devrait être profondément réformée pour devenir un partenaire crédible. Ce chantier prendra des années.
Même en cas de succès partiel, le contexte mondial est défavorable. L’offre mondiale de pétrole devrait dépasser la demande jusqu’à la fin de la décennie. La production progresse au Brésil, en Guyana et aux États-Unis. Les prix pourraient tomber autour de 50 dollars le baril, voire en dessous, un niveau peu rentable pour de nombreux champs vénézuéliens.
Dans le scénario le plus optimiste, la production atteindrait 1,7 à 1,8 million de barils par jour en 2028. Cela modifierait certains flux commerciaux. Les raffineries américaines capteraient une partie des volumes. Cuba se tournerait vers d’autres fournisseurs. La Chine, longtemps cliente du pétrole vénézuélien à prix réduit, pourrait être marginalisée. The Economist
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EN BREF
🇻🇪 Venezuela • Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, s’est félicitée de l’opération militaire américaine ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro. Elle affirme vouloir revenir rapidement au Venezuela et se projette comme future présidente, assurant pouvoir gagner une élection libre avec une large majorité. Donald Trump, tout en saluant l’intervention, a cependant exclu sa candidature à court terme et repoussé toute élection immédiate.
🇻🇪 Venezuela • La chute de Nicolas Maduro ne débouche pas sur une transition démocratique. Le pouvoir reste aux mains d’un noyau militaro-affairiste dirigé par Delcy Rodriguez, investie présidente par intérim, tandis que le pays est quadrillé par les forces de sécurité et des groupes paramilitaires. Les arrestations se multiplient, y compris parmi les journalistes. En parallèle, Caracas engage des discussions discrètes avec Washington, misant sur une ouverture du secteur pétrolier.
🇬🇱 Groenland – 🇩🇰 Danemark – 🇪🇺 Europe • Les principaux dirigeants européens ont apporté un soutien politique clair au Danemark et au Groenland face aux revendications de Donald Trump. La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni affirment que le Groenland appartient à son peuple et que seules Copenhague et Nuuk peuvent décider de son avenir. Ils rappellent que le royaume du Danemark, incluant le Groenland, fait partie de l’Otan et que la sécurité dans l’Arctique relève d’une responsabilité collective, fondée sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières.
🇺🇦 Ukraine • Volodymyr Zelensky est arrivé à Paris aujourd’hui pour participer à une nouvelle réunion de la "Coalition des volontaires", organisée à l’Élysée. Le président ukrainien est reçu par Emmanuel Macron, en présence d’émissaires américains et de dirigeants européens. 35 pays sont attendus. Les discussions portent sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, les modalités d’un éventuel cessez-le-feu avec la Russie et le principe d’une force multinationale. Paris souhaite afficher une convergence politique entre Européens et Américains.
🇹🇭 Thaïlande – 🇰🇭 Cambodge • La Thaïlande accuse le Cambodge d’avoir violé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 décembre. L’armée thaïlandaise affirme que des tirs de mortiers ont visé la zone frontalière de Chong Bok, blessant un soldat, évacué pour des soins. Le Cambodge évoque une erreur opérationnelle et parle d’une explosion accidentelle lors de travaux, blessant deux de ses soldats. Bangkok dit chercher des explications, sans ordonner d’évacuation. L’incident ravive les tensions après trois semaines de combats meurtriers et des accusations croisées, notamment sur l’usage de drones.
🇵🇸 Palestine • Le gouvernement israélien a lancé une nouvelle étape du projet de colonie illégale E1 en Cisjordanie, avec un appel d’offres pour la construction de 3 401 logements. Le chantier viserait à relier la colonie de Ma’ale Adumim à Jérusalem, coupant le territoire palestinien en deux et isolant Jérusalem-Est. Les autorités israéliennes assument un projet destiné à rendre impossible la création d’un État palestinien. Des ONG israéliennes et de nombreux États dénoncent une violation flagrante du droit international, alors que les travaux pourraient débuter dès les prochains mois.
🇵🇸 Palestine • En Cisjordanie occupée, l’armée israélienne a mené mardi 6 janvier une opération militaire d’ampleur sur le campus de l’université de Birzeit, au nord de Ramallah. Des tirs de grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes, des blindés et des soldats ont fait irruption alors que des cours étaient en cours. Selon des responsables universitaires, plusieurs étudiants ont été blessés par des balles réelles, certains hospitalisés. L’université dénonce un ciblage direct de la vie académique, une attaque jugée d’une brutalité inédite en plein jour.
🇳🇪 Niger • Une attaque jihadiste a visé la résidence du préfet de Torodi ce weekend, à une cinquantaine de kilomètres de Niamey, près de la frontière avec le Burkina Faso. Le préfet, capitaine de l’armée nigérienne, et toute sa famille ont été tués, portant le bilan à au moins sept morts. Les assaillants ont incendié la maison, emporté trois véhicules militaires et libéré deux détenus. La zone, sous état d’urgence, connaît une forte insécurité et des déplacements de populations.
🇺🇦 Ukraine • Le président Volodymyr Zelensky a entériné le départ de Vasyl Maliuk, chef du service de sécurité ukrainien, la SBU, après près de trois ans à ce poste. Figure centrale de la guerre clandestine contre la Russie, Maliuk avait supervisé des opérations de sabotage majeures, dont une attaque coordonnée de drones contre des bases aériennes russes. Son éviction, présentée comme une démission, s’inscrit dans un remaniement plus large des structures de sécurité. Plusieurs responsables politiques et militaires estiment que ce changement n’était pas opportun au regard de la situation militaire.
🇨🇫 Centrafrique • L’Autorité nationale des élections annonce la victoire de Faustin-Archange Touadéra à la présidentielle du 28 décembre, avec 76,15 % des voix dès le premier tour, sur la base de 84,39 % des bureaux compilés. Anicet-Georges Dologuélé obtient 14,66 %, Henri-Marie Dondra 3,19 %. La participation est fixée à 52,42 %. Les deux principaux opposants dénoncent des fraudes, contestent la crédibilité du processus et annoncent des recours devant le Conseil constitutionnel, qui doit proclamer les résultats définitifs le 20 janvier.
🇺🇸 États-Unis – 🇫🇷 France • Le groupe français Orano a obtenu un financement américain de 900 millions de dollars pour construire une usine d’uranium enrichi aux États-Unis. Le projet, soutenu par le département de l’Énergie, vise à renforcer l’indépendance américaine face à la Russie. Implantée dans le Tennessee, l’usine représente un investissement total de cinq milliards de dollars. Elle doit sécuriser l’approvisionnement des réacteurs nucléaires et répondre à la hausse de la demande d’électricité, portée par les data centers et l’intelligence artificielle. La production est attendue au début des années 2030.
🇸🇴 Somalie – 🇮🇱 Israël • La Somalie a dénoncé une "incursion non autorisée" après la visite du ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar au Somaliland. Le ministère somalien des Affaires étrangères affirme que ce territoire fait partie intégrante de la Somalie reconnue internationalement et dénonce une atteinte à sa souveraineté et à son intégrité territoriale. Israël, qui a reconnu le Somaliland le 26 décembre, défend un choix "moral" et conforme à la réalité. Le Somaliland revendique un statut d’État indépendant depuis 1991.
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